Pourquoi les Templiers ont été détruits : Philippe IV, Vox in excelso, et un pape qui abolit l'ordre sans le condamner
La séquence, et la seule chose que cette page n'imprimera toujours pas
Philippe IV de France a fait arrêter les Templiers dans son royaume à partir de 1307, et tout le reste en a découlé. Ce que cette page ne vous donne pas, c'est un récit du pourquoi — les motifs de Philippe sont la partie la plus souvent racontée de toute l'histoire et la moins documentée, et ils ne figurent pas dans le fichier sourcé de ce site. Tout ce qui suit est soit une date que ce fichier valide, soit une phrase citée du texte conciliaire lui-même.
| Ce qui s'est passé | Quand | Ce que fait le document |
|---|---|---|
| Arrestations en France, sur ordre de Philippe IV | À partir de 1307 | Les motifs ne sont pas sourcés ici, donc ils ne sont pas donnés |
| Interrogatoires pontificaux à Chinon | Avant le concile | Clément V absout les dirigeants de l'excommunication |
| Vox in excelso | 22 mars 1312 | Supprime l'ordre par provision, non par sentence |
| Ad providam | 2 mai 1312 | Donne les biens aux Hospitaliers, sauf pour l'Ibérie |
| Jacques de Molay brûlé | 1314 | 18 mars, bien que certains chercheurs plaident pour le 11 mars |
Les deux bulles sont citées du texte du Concile de Vienne. Tout ce qui figure dans la troisième colonne est ce que fait le document lui-même, et non ce que les auteurs ultérieurs ont dit qu'il signifiait.
Vox in excelso: aboli, non condamné
Voici le passage le plus important de ce site, et il s'agit de trois phrases de latin papal traduites en anglais. La clause opérationnelle : « Nous supprimons, avec l'approbation du saint concile, l'ordre des Templiers… non par sentence définitive, mais par provision ou ordonnance apostolique. »
Et la raison, dans la même bulle : «Bien que la procédure légale contre l'ordre jusqu'à présent ne permette pas sa condamnation canonique pour hérésie par sentence définitive, le bon nom de l'ordre a été largement entaché par les hérésies qui lui sont attribuées. » Puis l'interdiction : « Nous interdisons entièrement à quiconque, à partir de maintenant, d'entrer dans l'ordre, ou de recevoir ou porter son habit, ou de se comporter en Templier. »
Ainsi, la réponse correcte et sourcée à « les Templiers ont-ils été reconnus coupables ? » est non. Le pape a écrit que l'affaire contre eux ne permettait pas une condamnation canonique, et les a abolis quand même au motif que leur réputation était perdue. Il s'agit d'un acte administratif, et l'homme qui l'a signé l'a dit. C'est aussi ce qui rend juridiquement intelligible le résultat portugais : un ordre dissous par provision laisse des biens à réaffecter, et non confisqués à des criminels.
Ad providam, et la phrase sur laquelle repose tout ce site
Six semaines plus tard, le même concile a transféré les biens des Templiers aux Chevaliers Hospitaliers. Et ensuite, mot pour mot : « Nous exceptons les biens dudit ancien ordre des Chevaliers Templiers dans les royaumes et terres de nos fils bien-aimés dans le Christ, les illustres rois de Castille, d'Aragon, du Portugal et de Majorque, en dehors du royaume de France. »
Rien n'a dû être caché, transporté clandestinement ou secrètement préservé au Portugal. L'exception est écrite dans la bulle, par le pape, en latin, dans un texte conciliaire que tout le monde peut lire. C'est un fait plus solide que toute histoire de survie secrète, et c'est la raison pour laquelle ce site n'en raconte jamais (ce qui s'est passé ensuite au Portugal).
Ce que Jacques de Molay a réellement dit
Molay et Geoffroi de Charney avaient été condamnés à l'emprisonnement perpétuel. Ils « ont protesté bruyamment de leur innocence » ; Philippe les a fait condamner comme hérétiques relaps et brûler le soir même sur l'Île des Javiaux dans la Seine, en 1314. La plupart des sources donnent le 18 mars ; certains chercheurs modernes plaident pour le 11 mars.
Voici maintenant la partie qui est mal rapportée partout. Un témoin oculaire quasi contemporain, le clerc Geoffroi de Paris, rapporte que Molay, ne montrant aucun signe de peur, a dit à ceux présents que Dieu vengerait leur mort. C'est l'étendue de l'énoncé enregistré.
La célèbre malédiction — Molay convoquant le pape Clément V et le roi Philippe IV à comparaître devant le jugement de Dieu dans l'année — ne figure pas dans le récit du témoin oculaire. Il s'agit d'une fusion : le chroniqueur Ferreto de Vicence a mis des mots comparables dans la bouche d'un Templier napolitain différent et anonyme s'adressant à Clément V, et les deux récits ont fusionné plus tard. Les deux hommes sont morts dans l'année. Une coïncidence que tout le monde retient reste une coïncidence, et ce site n'a pas de source sous les yeux pour l'une ou l'autre de ces morts, donc il n'imprime pas non plus ces dates.

« Les Templiers ont été absous 700 ans plus tard » — le Parchemin de Chinon
Vous rencontrerez ce titre. Voici ce dont il s'agit. Le Parchemin de Chinon est un registre des interrogatoires pontificaux des dirigeants templiers à Chinon, redécouvert dans les Archives apostoliques du Vatican dans les années 2000 par la paléographe Barbara Frale. Dans celui-ci, Clément V accorde l'absolution de l'excommunication — « la miséricorde du pardon de la sentence d'excommunication ».
Il s'agit d'une absolution ecclésiastique de l'excommunication, suite à une confession. Ce n'est pas une exonération des charges et ce n'est pas un renversement de la suppression, qui a eu lieu ensuite de toute façon. Le document est réel, il est important, et presque tous les titres à son sujet disent quelque chose que le document ne dit pas.
Qui a vaincu les Chevaliers Templiers ?
Personne, dans le sens où la question l'entend. Il n'y a pas eu de défaite sur le champ de bataille. Un roi les a arrêtés, un pape les a dissous par provision administrative tout en refusant explicitement de les condamner, et leurs biens ont été réaffectés par une seconde bulle. Dans quatre des royaumes ibériques, y compris le Portugal, même cette réaffectation a été exceptée (et voici ce qui a comblé le vide).
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Questions fréquemment posées
Pourquoi les Chevaliers Templiers ont-ils été détruits ?
Ils ont été arrêtés en France à partir de 1307 sur ordre du roi Philippe IV et dissous par le pape Clément V dans la bulle Vox in excelso le 22 mars 1312. La bulle supprime l’ordre « non par sentence définitive, mais par provision ou ordonnance apostolique » — un acte administratif, pas une condamnation.
Les Chevaliers Templiers ont-ils été reconnus coupables d’hérésie ?
Non. Vox in excelso stipule que le procès contre l’ordre « ne permet pas sa condamnation canonique comme hérétique par sentence définitive », et le supprime au motif que sa réputation avait été détruite par les accusations. Le pape l’a écrit lui-même.
Quel roi a trahi les Templiers ?
Philippe IV de France a ordonné les arrestations dans son royaume à partir de 1307, et la pression sur la papauté venait de là. Ce site ne donne pas de compte rendu de ses motifs, car c’est la partie la plus souvent racontée et la moins documentée de l’histoire, et elle ne figure pas dans le fichier sourcé contre lequel ces pages sont vérifiées.
Quel pape a excommunié les Templiers ?
Aucun, en tant qu’ordre. Clément V a supprimé les Templiers par provision administrative tout en refusant de les condamner canoniquement, et le Parchemin de Chinon enregistre qu’il a accordé aux dirigeants l’absolution de l’excommunication. La suppression et l’excommunication sont des actes différents et ils sont constamment confondus.
Que dit Jacques de Molay avant de mourir ?
Selon le greffier témoin Geoffroi de Paris, il n’a montré aucun signe de peur et a dit que Dieu vengerait leur mort. La célèbre malédiction nommant le pape et le roi est une fusion ultérieure : le chroniqueur Ferreto de Vicence a attribué des paroles comparables à un Templier différent et anonyme.
Qui a vaincu les Chevaliers Templiers ?
Personne au combat. Un roi les a arrêtés, un pape a dissous l’ordre par provision sans le condamner, et une seconde bulle a réaffecté les biens — sauf en Castille, en Aragon, au Portugal et à Majorque, que le pape a expressément exclus.